Lousiane part I : New Orleans

nola-22-6.jpgCommençons par le début : la prononciation.

Nous avons eu droit à un petite leçon de la chose par Isaac, un jazzman qui ne supportait plus d’entendre les touristes mal prononcer le nom de sa ville de cœur. Les vrais, ceux qui savent, disent [Niou Owlennnss]. Et surtout pas à la française [Niouw Orrli-ann-ss]. Parce que des touristes, il y en a pléthore à NOLA. Des américains qui débarquent pour faire la bamboula dans le énième bar à cocktails ou strip-tease de la Bourbon Street. Des européens venus découvrir l’ancienne colonie française en tour operator. Des français…. tellement de français ! Alors pour échapper un peu à la machine à touristes et découvrir les mille et uns visages de cette ville qui bouillonne : prends ton temps. Minimum 4 jours. Sors vite du French Quarter. Enfourche un vélo. Voici nos recommandations pour aimer New Orleans autant que nous avons eu la chance de l’aimer.

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Pour des questions de coûts et de disponibilité, nous avons logé dans le quartier du Treme (prononcer [Twémé]), adjacent au French Quarter, un quartier résidentiel un peu moins rutilant et plus authentique que le centre historique. Cela s’est avéré gagnant. Nos hôtes Rick et Liz (merci Airbnb) ont été de bon conseil pour visiter, nous ont concocté des petits dej’ de compétition et prêté des vélos pour sillonner la ville sous l’inattendu soleil de novembre. Nous avions quelques craintes liées à la sécurité : New Orleans est une ville du sud, traumatisée, où une partie de la population est démunie et compte pas mal de vagabonds. L’entrée du Treme s’est avérée être un bon point de chute, à mi–chemin entre l’agitation touristique et les quartiers réputés « sensibles » de la ville. Après, soyons honnêtes : autant la journée nous flânions sereinement, autant une fois le soleil couché, nous évitions tunnels et ponts sous l’autoroute aérienne où dorment les nombreux sans-abris, et nous contentions de rejoindre un point A à un point B en fendant la nuit au volant de notre bicyclette.

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Le French Quarter, centre historique de la ville

Même pris d’assaut par les touristes, le French Quartet reste fascinant. Balcons en dentelle de fer forgé, façades en brique, noms de rues mythiques, mélodie de jazz omniprésentes, bateaux à vapeur sur le Mississippi, musiciens ultralookés, galeries d’art perchées et alligators taxidermisés. Sensation déroutante : la Louisiane et NOLA sont si présents dans le matériel culturel exporté par les Etats-Unis qu’on a parfois plus  l’impression de retrouver des lieux que l’on connaît déjà, plutôt que de découvrir un endroit inconnu. Historiquement, New Orleans et plus spécifiquement le « Carré Français » étaient la zone de villégiature favorite des propriétaires et esclaves de plantations pendant l’hiver. Ils avaient bossé tout l’été dans la torpeur des champs de coton et cannes à sucre, et venaient se détendre, faire la fête dans les cabarets et maisons closes pendant la basse saison. D’où la réputation sulfureuse de la ville et son savoir-faire unique en fiesta en tous genres. Sans compter que la Louisiane était le seul état à offrir le dimanche chômé à ses esclaves fraîchement convertis à la chrétienté, qui se détendaient en jouant de la musique et chanter : le jazz était né.

FRENCH-2-2Sois audacieux et saisis la première occasion de que tu auras pour grimper dans l’un des nombreux balcons que comptent les immeubles du Carré Français. Cela te permettra d’admirer les rues depuis là-haut. L’audace de C.D.N. nous aura permis de grimper sur la terrasse d’un des cafés de Jackson square, à deux pas de la cathédrale St Louis, et de se sentir propriétaire de plantation le temps de quelques photos. Pousse un peu jusqu’aux rives du Mississippi pour te remémorer les épisodes de Tom Sawyer en regardant passer les jolis bateaux à vapeur. Ne t’arrête pas nécessairement au Café du monde qui est surtout un repère à touristes mais va plutôt goûter un Sazerac à la Napoleon House ou au Cane & Table. Nous avons fait un véritable cure de jouvence à chaque verre commandé : les barmaid vérifient systématiquement que tu as bien plus de 21 ans en te demandant ton ID ! A noter que le French Quarter, bien que dessiné par un architecte français et imprégné de la culture créole francophone, arbore exclusivement des façades espagnoles aujourd’hui. Et pour cause, les immeubles furent ravagés par les flammes d’incendies successifs à la fin du 18è siècle. Ce sont les espagnols qui reconstruisirent tout  le quartier en style colonial. Pour la faire courte, New Orleans fut fondée par des colons français en 1718, devint espagnole une courte période, puis encore un peu française avant d’être vendue par Bonaparte aux USA en 1803.

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La ville est très fière de sa cathédrale, mais un européen habitué aux vieilles pierres restera de marbre. Pour autant, novembre est visiblement la saison des mariages en Louisiane :  zoner autour de la cathédrale te permettra peut être d’assister à un spectaculaire débarquement de demoiselles d’honneur. A défaut, une prêtresse vaudou pourra lire ton avenir, à moins que tu ne préfères écouter quelques airs de jazz en mettant du vernis à ongles à ton iguane. Pour la musique, on nous a chaudement recommandé Preservation Hall qui est le temple des concerts d’impro de jazz & blues. Le lieu est très chouette mais il y a souvent une longue file d’attente, il faut y venir plus d’une heure avant les concerts. Comme nous préférons les endroits intimes et avions pris nos petites habitudes musicales à Frenchmen Street, nous n’avons pas eu l’occasion d’écouter un concert ici.

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Pour avoir un rapide aperçu historique du French Quartet, la visite guidée du Monde Créole recommandée par le Routard est plutôt bien faite (petit rabais si tu prends ton billet avec le Guide du Routard en main). Visite de quelques patios d’hôtels normalement réservés aux clients, du joli musée de la pharmacie et surtout accès au cimetière St Louis I dans lequel il n’est pas possible de rentrer sans guide. Cela vaut le coup ne serait-ce que pour voir l’improbable tombe-pyramide que le fantasque Nicolas Cage s’y est fait construire (comédien qui, à l’heure où je rédige ces mots, fait toujours partie du monde des vivants) et la tombe de la prêtresse vaudou Marie Lavaux.

Downtown

Imprègne-toi de l’ambiance Chicago des buildings et enseignes en traversant le central business district et son agitation. Mise à part Canal Street, son mall climatisé (son magasin Anthropologie <3) et son tramway historique, ce n’est pas un quartier vraiment adapté au tourisme, surtout en semaine où la circulation est dense. Mieux vaut y venir le week end. Penser à regarder la programmation de concerts du Joy Theatre avant de venir.

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Si tu le peux, cale ton séjour à la Nouvelle Orléans en fonction du calendrier des Saints, l’équipe de foot de la ville. Cela te permettra de passer une demi-journée à tenter de déchiffrer les règles du football américain dans ce vertigineux stade couvert et climatisé (prévois ta petite laine) de 70 000 places. Voir la foule aux couleurs des Saints accourir de toutes les rues entourant le stade, comme des fourmis rejoignant la fourmilière, est une expérience absolument grisante.  Sans oublier le vertige saisissant quand tu pénètres le stade. Ne t’inquiète pas : même si tu n’aimes pas le foot, tu auras te quoi te divertir entre les fanfares, les chorégraphies des cheerleaders (les « Saintsations »), les annonces publicitaires, et la compréhension des règles…. Les habitants de la ville entretiennent bien la réputation de capitale américaine du carnaval de NOLA : on se déguise merveilleusement aux couleurs or et noir des Saints pour soutenir son équipe ici.

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Note : en 2017, plus personne ne rentre avec un sac dans le stade. La seule pochette autorisée mesure la taille d’un portefeuille. Ceux qui ne savent pas peuvent laisser leurs effets personnels à la consigne : 20$ le sac. Oui, on s’est fait avoir, la consigne a coûté plus cher que les billets. Nous avions acheté nos tickets en avance sur Ticketmaster.

Garden District, le quartier WASP

Un ravissant et paisible quartier résidentiel où on a adoré se promener pour admirer les magnifiques demeures coloniales immaculées, dégoter des shorts à sequins dans les friperies et de jolies estampes dans des chouettes boutiques d’artistes. Pour les fans de Lestat, la maison où Anne Rice a écrit ses livres de vampires se trouve au 1239 Brevard House.

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Faubourg Marigny

L’ancien quartier créole aux jolies maisons colorées, devenu quartier bohème de la ville. Chaudement recommandé par nous. Tags sur vieux entrepôts désaffectés, vide-dressing le long de la voie de chemin de fer (THE place pour dégoter un improbable pin’s et piquer niquer). La nuit tombée, la Frenchmen street est le parfait spot pour flâner, écouter du jazz et du blues en se faisant tatouer. N’hésite pas à goûter une des bières locales aux bars du Spotted Cat ou du d.b.a. et d’écouter d’enivrants solos de trompette  en admirant les gens danser avec une agilité désarmante. Nous ne recommandons pas franchement le Three Muses qui se veut guindé et surtout cher. Pas besoin d’être fan de jazz pour apprécier la musique à NOLA : l’ambiance, l’énergie et la force d »improvisation des musiciens suffira à te conquérir et te transporter (la bière aidera certainement aussi).

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Midcity et Lakeview

Remonter jusqu’au lac Pontchartain qui déborda au point de submerger la Nouvelle Orléans en 2005 est une belle (et longue) balade à faire pour découvrir le visage côtier de la ville. Cela permet aussi de voir les villas encore en friche suite à l’ouragan, les installations urbaines et digues pour que cela n’arrive plus, et de traverser des parcs  à l’atmosphère dépaysante et parfois étrange. Faire un saut dans le jardin du NOMA (New Orleans Museum of Art) sera une jolie balade à l’ombre des arbres et œuvres monumentales. On ne recommande pas vraiment le musée en tant que tel. Esplanade avenue et ses villas aux façades contrastées est sans conteste l’avenue que nous avons préférée à NOLA.

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En voiture, tu peux aussi emprunter le pont le plus long d’Amérique du Nord qui enjambe le lac (38 km quand même…), pour rejoindre Abita Springs, la ferme à bière de la Louisiane, Convington, et d’autres ravissantes petites bourgades où la population moins exposée au tourisme de masse est ultra-accueillante et maternante avec les petites touristes en sacs à dos.  En passant pas là, ne zappe pas l’Abita Mystery House, une sorte de palais du facteur cheval où tu pourras trouver du spray pour faire fuire les zombies et un nouveau copain alien.

NOLA-18-7NOLA-17-7C’est d’ailleurs en sortant de la ville que tu pourras encore mieux découvrir la Louisiane, son mélange de culture caribéenne, afro-américaine, vaudou, cajun, française…  Un autre article  dédié à campagne louisianaise verra bientôt le jour ici même, stay tuned !

 

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Escapade au pays de la bière, des moules, des frites et du vélo

ZEELANDE_JUILLET 2017_1-56On reprend les bonnes habitudes estivales en fuyant les zones bondées de touristes pour des régions aux températures plus clémentes. Viens, je t’emmène passer quelques jours en Zélande dans le sud-ouest des Pays Bas, te goinfrer de moules et de bière en écoutant le bruit des vagues, le néerlandais chantant, tout en sentant le vent de la mer s’engouffrer dans tes cheveux ! Pense simplement à prendre un bon ciré et des baskets étanches en plus de ton maillot de bain, et tout ira bien.

Et qu’écoute-t-on quand on a le nez iodé, les joues fouettées par la brise et le ventre plein de fruits de mer ? La nonchalance cuivrée de ces belges de Balthazar of course (et si la mélancolie balthazarienne te donne le spleen, tu peux te rabattre sur d’autres recommandations belges) .

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Fantômes, vieilles pierres et pintes de bières / 5 jours à Edinburgh

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Passer ton été à  te faire cuire sur une plage surpeuplée ça n’est pas ton truc ?  Tu aimes la bière, le tartan et les roux ? Alors viens passer tes vacances d’été en Écosse ! Ici, pas besoin d’écran total ou de tongs, le parapluie  et les baskets suffisent. La concentration de monuments historique au mètre carré te donnera des torticolis, les locaux ultra-accueillant et festifs te feront goûter d’improbables bières et spécialités, l’activité culturelle estivale te fera complètement oublier les épisodes pluvieux.  Petit tour d’horizon des activités sympa à faire dans la capitale écossaise au mois d’août.

BALADE DANS OLD TOWN

Dominant la ville, perché sur son piton rocheux, l’impressionnante citadelle du Castle Rock rappelle l’histoire guerrière et militaire de la ville, les rivalités Ecosse-Angleterre, et donne un ton très médiéval à la ville.  Entre nous, la visite du château coûte un bras et ne vaut pas vraiment le détour, à moins que tu adores les bains de foules touristiques, sois un fan inconditionnel des joyaux de la couronne, tiennes à te rendre au mémorial de la seconde guerre mondiale ou envisages de croiser le fantôme de Marie Stuart. Au moment où nous l’avons visité, le musée du château présentait une exposition intéressante sur le lien entre l’Écosse et l’armée ce qui nous a permis d’amortir un peu le prix du billet.

img_9871-copieLa ville s’articule autour du château, avec d’un côté Old town, la vieille ville médiévale, et de l’autre New town, la ville moderne construite au XVIIIè siècle. Old town est très vallonnée, les façades typiques sont préservées, les rues sont reliées par des passages voûtés (les « closes ») et escaliers où il est réjouissant de s’aventurer, les façades polychromes des échoppes tranchent avec les briques des bâtisses anciennes. Un quartier extrêmement charmant qui regorge de pubs, boutiques vintage et échoppes en tous genres. Cet article détaille bien tous les recoins et points d’intérêts principaux d’Old town.

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Paris deco tour / Les bonnes adresses shopping à Paris

L’avantage à Paris, c’est qu’il y a absolument tout ce qu’on peut chercher en terme de décoration ou shopping, rassemblé dans à peine quelques kilomètres carrés. Le bonheur pour les excités de la carte bleue ou les shoppeurs difficiles en quête de nouveauté, de choses rares et belles. Voici donc ma modeste sélection d’adresses déco cool, surprenantes, retenues parce la sélection de produits, la présentation ou l’ambiance m’ont séduite. Pour te faciliter la vie, je les ai classées par arrondissement. N’étant pas une paparazzi lors de mes excursions parisiennes, je n’ai pas systématiquement pris de photos, et ai choisi pour illustrer chacun des lieux des photos glanées ici et là (les crédits photos sont précisés), qui représentent le mieux les lieux tels que je les ai vus.

LE SHOPPING SOLIDAIRE CHEZ MERCI

Un immense concept store solidaire et écolo, résolument bourgeois-bohème, situé au fond d’une très jolie cour pavée. Sur 3 niveaux, on trouve une sélection éclectique, maline, raffinée et avant-gardiste de meubles, articles de décoration, art de la table, carterie, bijoux artisanaux, cosmétiques clean (Aesop), linge de lit, vêtements de jeunes créateurs, et d’autres articles exclusifs issus de la collaboration de Merci avec des marques… Lire la suite

Paris Pastry Tour / Les (très) bonnes pâtisseries de la capitale

En tant que bec sucré, je veux dire VRAI bec sucré, j’ai un peu d’exigence. C’est à dire que si déjà je m’enfile une bouchée de quelque chose d’ultra calorique, il faut que ce soit vraiment bon. Succulent. Délicieux. A se lécher les doigts. Et où trouve-t-on la plus belle concentration de pâtisseries qui proposent des gâteaux bons-à-se-taper-la-tête-contre-les-murs ? A Paname, pardi !

A la moindre excursion dans la capitale, je me débrouille pour prendre le train assez tard afin d’avoir le temps de faire un détour dans l’un ou l’autre établissement pour addicts aux sucres, que je connais ou dont j’ai entendu parler. Mes chers collègues m’ont d’ailleurs plus d’une fois accompagnée dans mes pérégrinations sucrées, quitte à devoir faire un sprint final pour réussir à attraper le train car j’avais mal calculé mon coup. Une fois l’objectif atteint, une fois le précieux choisi avec hésitation, délectation et gourmandise, je reprends la route de la maison, mais différente. Transformée. Un véritable pitbull. Une louve protectrice de ses petits. Le premier mécréant qui a le malheur de bousculer la boîte de précieux gâteaux dans le métro, dans la rue, dans la gare,  a droit à un regard torve qui le pétrifie sur place. Épaules bombées, pas décidé, je protège mon butin. Plus rien ne m’arrête jusqu’au moment jubilatoire où je m’installe dans le train, déballe ma jolie boîte, et déguste ma gourmandise. Calme. Volupté. Sucre.

Voici une liste de pâtisseries parisiennes testées et approuvées, classées par arrondissement. On peut y aller les yeux fermés, se laisser émerveiller en découvrant ce que des pâtissiers peuvent faire avec quelques œufs, du sucre et de la farine (#tasdusucretasdesœufs). Il convient d’ignorer les oursins dans son porte-monnaie, et de préférer la qualité à la quantité. N’ayant pas une photo pour chacun des établissements (les gâteaux ont été dévorés avant !), je me suis efforcée d’illustrer avec des visuels qui se rapprochent le plus possible de ce que j’ai eu entre les mains et goûté. Lire la suite