Réconciliation stellaire / Velouté de fenouil et haricots blancs à l’anis étoilé

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Anis, j’ai toujours eu du mal avec toi. A bien y penser, jamais une bouteille de pastis n’a passé le seuil de ma porte. Mais je t’ai toujours trouvé sexy sous ta forme étoilée, alors je t’avais gardé une petite place dans mon esprit (et mon placard). Parfois je te buvais dans un vin chaud et plus récemment dans un chaï tea. C’est certainement ainsi que j’ai appris à te tolérer, anis : à force d’insister, sans grande conviction, mon palais a commencé à te trouver moins répugnant. Il paraît d’ailleurs que c’est ainsi qu’il faut procéder avec les enfants qui refusent un aliment : progressivement, insidieusement, par dose homéopathique. C’est alors que j’ai eu envie de te tester salé,  mêlé à ton copain anisé le fenouil lui aussi trop souvent marginalisé, et des haricots blancs, pimpé de noisettes et d’oignons, pour voir si je pouvais être charmée ainsi. And it’s a match. En toute subtilité, tu es venu caresser mes papilles dans ce velouté délicat et immaculé. Anis, bienvenu dans ma cuisine : je te promets de beaux jours à mes côtés.

*Pause culture* C’est Marco Polo qui aurait fait connaître la badiane chinoise aux européens aux XIIIè-XIVè siècles.  A cette époque,  on consomme depuis Mathusalem de l’anis vert et du fenouil dans le bassin méditérranéen. Et cette drôle de plante à lobes ramenée du bout du monde étrangement une saveur similaire. Pour cause, c’est la même molécule qui les habite : l’anéthol (qui est d’ailleurs à l’origine du louchissement, aka le trouble du pastis allongé à l’eau #nouveaumot).  Et c’est ainsi que cette épice à huit lobes renfermant chacun une jolie graine se retrouve affublée du nom d’anis étoilé. Aujourd’hui, la majeure partie de la badiane est toujours cultivée en Chine et en Asie du Sud Est tandis que la culture de l’anis vert a été réduite à peau de chagrin. Côté santé, la badiane et l’huile essentielle de badiane sont utilisées en médecine chinoise et phytothérapie pour leurs propriétés carminatives et digestives.

Velouté carminatif, digestif et surtout délicatement aromatique, merveilleusement nourrissant et doux comme des anges en pantalon de velours qui descendent dans le gosier, à cuisiner en écoutant la délicate Emily Jane White avec son ravissant Hole in the middle. Conseil : prends le temps d’écouter cette merveille d’album dans son intégralité, lecteur, tu ne seras pas déçu :

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Mytho meatballs round #2 / Wraps colorés aux falafels de patate douce & lentilles corail, houmous de betterave et petits légumes croquants [vegan]

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Je ne sais pas pour toi, mais cuisiner des patates douces, ça me met dans de joyeuses dispositions. Parce que c’est un peu exotique, un peu sucré, coloré et tarabiscoté. Que ça ne se livre décemment dans une assiette qu’avec un minimum de façonnage. Et comme on ne sait pas vraiment si les papa sont originaires d’Amérique du sud ou d’Asie, je te propose de les cuisiner en faisant un grand écart pacifique : Maya Girls chanté par Bangkok (on dit merci à K. & X. pour leurs playlists chaloupées).

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Scrupules lactés / Lait d’amande maison, chaï tea latte et cookies moelleux à l’okara [vegan]

ALMOND MILK

Le lait végétal, une excellente alternative aux laits animaux pour la cuisine de tous les jours ?

A priori, s’envoyer de temps en temps un verre de lait d’amande ou d’avoine à la place du lait classique permet de soulager les pis de vaches, secourir les intestins fragiles et varier les apports nutritionnels. Wonderful ! Seulement, s’il y a une grande polémique paranoïaque autour du lait de vache qui amène à se demander si on ne s’empoisonne pas à chaque bouchée de camembert, on n’est pas complètement serein pour ce qui concerne les laits végétaux non plus. Le lait de soja est soupçonné d’être une cochonnerie de perturbateur endocrinien. Le lait d’amande serait une aberration écologique (de la poudre d’amande californienne mixée avec de de l’eau, mise en brique et transportée de par le monde...).  La noix de cajou explose les compteurs avec une empreinte carbone complètement folle : les fruits sont cultivés en Afrique (la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial), transitent par le Brésil pour être écossés, avant de revenir sur nos étals. #cajouvoyageuse

Bon, on peut vraisemblablement se consoler avec les laits d’avoine, de noisette et d’épeautre qui sont fabriqués avec des céréales ayant parcouru moins de 10 000 km pour rejoindre tes placards.

Une fois qu’on a dit tout ça, on se demande comment coupler veganisme et bon sens sans pour autant se retourner le cerveau en faisant ses courses. Une solution consisterait finalement à consommer tous ces laits intelligemment, avec parcimonie et en variant.  Se régaler de temps en temps de fromage au lait de vache tout en faisant travailler les laiteries et en risquant d’avoir mal au ventre pour les plus fragiles. Participer à pourrir la planète en consommant un peu d’amandes et des noix de cajou du bout du monde, mais pas trop parce que c’est ultra-riche et que ça coûte une fortune, mais un peu quand même parce que c’est plein de bons nutriments pour le corps. Faire fonctionner le commerce local en achetant du lait d’avoine européen ou de noisettes turques, en admettant qu’ils proviennent peut être de sols un peu souillés.

L’expérience écolo-vegan que je te propose aujourd’hui ? Te prendre pour La Laitière de Vermeer : fabriquer ton propre lait d’amande avec une facilité déconcertante (plus écolo et tellement plus ludique que la brique du supermarché), et utiliser les reliquats du lait (la pulpe d’amandes aka l’okara), pour concocter de délicieux cookies moelleux et vegan. Rien ne se perd.

Allez, enfile ton tablier et lance Massive Attack. Oui, tu connais sans nul doute ce morceau issu de ce cultissime album. Mais clique quand même sur play et ferme les yeux. Tu avais oublié à quel point cette mélodie amniotique était aussi douce pour les oreilles qu’un verre de lait chaud qui dévalerait délicatement dans ton gosier.

 

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Mytho meatballs / Spaghetti bolognaise cruelty free aux boulettes de courgette & pois chiches [vegan]

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Septembre oblige, je te propose de réviser tes classiques. En commençant par remonter le long du fleuve Léthé. Ce cours d’eau aux portes des enfers, est dans la mythologie grecque le passage obligé des âmes destinées à retrouver la terre ferme pour retourner habiter un nouveau corps. Avant de se réincarner, elles buvaient l’eau du Léthé pour oublier tout ce qu’elles savaient de leurs vies antérieures. Amnésie. Paf. Tout oublier pour mieux recommencer. Les affreux méfaits commis. Les souvenirs insoutenables et merveilleux. Les plus belles choses apprises. Les fondamentaux. Tout. Notamment le fait qu’un animal peut connaître la souffrance, et qu’on peut trouver des protéines ailleurs que dans la chair. Ailleurs que dans l’élevage intensif de bestioles qui vivent si fréquemment une vie de misère et de souffrance avant d’être mécaniquement tuées. d’être découpées, dépiotées par des esclaves humains transformés en zombies, machines vivantes qui travaillent trop souvent dans de tristes conditions. Si bien qu’ils oublient parfois toute leur humanité. Fermant les yeux et appliquant des protocoles souvent parfaitement légaux et pourtant cruels. Tentant de survivre dans un univers où leur mission consiste à empêcher l’autre de survivre, en restant le plus indifférent possible. En faisant trop souvent souffrir un autre être vivant qui lui non plus n’a rien demandé.

Ok, tu commences à me trouver pénible avec mon discours bien pensant (imbibé de mon récent visionnage du fameux film Okja qui m’aura vaillamment rappelé pourquoi j’ai arrêté de manger de la viande). J’aimerais juste chatouiller ton empathie. Pour l’espèce humaine ou animale, je m’en fous. Juste te motiver à acheter un pack de viande hachée en moins cette semaine pour le remplacer par mes mythologiques meatballs mythomanes. Parce que mes bouboules, elles sont bourrées de protéines et font largement le poids face à des boules de chair, nutritivement,  gustativement et digestivement parlant. Et surtout parce qu’elles n’ont fait hurler aucun veau arraché à sa mère dans la minute qui suit sa naissance, fait paniquer aucun cochon pendant la descente dans le tunnel à CO2, envoyé aucun poussin au broyeur parce qu’il avait eu le malheur de naître mâle. Parce qu’elles peuvent aussi bien finir en bolognaise vegan que dans un wrap. #multipass. #crueltyfree

Allez, fini la bonne morale, parlons bons nutriments et bon sons. Recette à concocter en écoutant They are night zombies de Sufjan Stevens :

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Rang-trait / Overnight porridge, bonnes résolutions et lutte anti-demeteriose [vegan + raw]

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Ça y est, est venu le temps d’abdiquer. De rentrer dans les rangs. De se remettre complètement et assidûment à tous les projets qui ont gentiment flotté pendant l’été parce qu’untel était en congés, parce qu’un autre t’attendait en terrasse pour profiter des rayons du soleil, parce que c’était trop bon de profiter du soleil pendant l’heure du déjeuner.
C’est l’heure de tirer un trait sur ces longues, chaudes et belles soirées d’été, où tu sors du cinéma en t’exclamant « mais il fait encore jour !! », où recherches la fraîcheur dans les sentiers d’une forêt, où la gourmandise se trouve en haut d’une échelle plantée contre un mirabellier.
Enfin, entendons-nous, il s’agit d’une rang-trait temporaire, de quelques mois, jusqu’à ce que redémarre le merveilleux cycle des jours qui s’allongent et des températures qui grimpent .
En attendant, pour ne pas te laisser la demeteriose te ronger (aka la déprime de fin d’été qui saisit tous les ans la déesse Demeter quand sa fille Perséphone repart pour 6 mois dans le royaume d’Hadès), profite de cette rentrée dans les rangs pour adopter de belles et gourmandes habitudes. Pour compenser la disparition progressive de la lumière par de bonnes vitamines boosteuses d’organisme.

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