Rang-trait / Overnight porridge, bonnes résolutions et lutte anti-demeteriose [vegan + raw]

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Ça y est, est venu le temps d’abdiquer. De rentrer dans les rangs. De se remettre complètement et assidûment à tous les projets qui ont gentiment flotté pendant l’été parce qu’untel était en congés, parce qu’un autre t’attendait en terrasse pour profiter des rayons du soleil, parce que c’était trop bon de profiter du soleil pendant l’heure du déjeuner.
C’est l’heure de tirer un trait sur ces longues, chaudes et belles soirées d’été, où tu sors du cinéma en t’exclamant « mais il fait encore jour !! », où recherches la fraîcheur dans les sentiers d’une forêt, où la gourmandise se trouve en haut d’une échelle plantée contre un mirabellier.
Enfin, entendons-nous, il s’agit d’une rang-trait temporaire, de quelques mois, jusqu’à ce que redémarre le merveilleux cycle des jours qui s’allongent et des températures qui grimpent .
En attendant, pour ne pas te laisser la demeteriose te ronger (aka la déprime de fin d’été qui saisit tous les ans la déesse Demeter quand sa fille Perséphone repart pour 6 mois dans le royaume d’Hadès), profite de cette rentrée dans les rangs pour adopter de belles et gourmandes habitudes. Pour compenser la disparition progressive de la lumière par de bonnes vitamines boosteuses d’organisme.

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Hey cherry, tu veux du clafoutis ? / Clafoutis aux cerises #vegan

Lovelyluckyfactory_clafoutisvegan_4Je t’avais déjà parlé du pouvoir bienfaisant du clafoutis ici. Il se trouve qu’entre temps j’ai testé une nouvelle recette, vegan de surcroît, grâce à ces gourmands de France végétalienne. Un clafoutis savoureux, qui se tient fièrement, moelleux, fondant, avec uniquement 7 ingrédients.  Imbattable non ? Vite, saisis-toi de ton échelle, grimpe au cerisier, macule-toi le tee-shirt de jus de fruits en cueillant les cerises et rue-toi en cuisine pour préparer cette petite merveille printanière.

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Alors il y a ceux qui veulent dévorer tranquillement leur clafoutis sans être importuné par de vilains noyaux, et les puristes qui insistent sur le fait que le fruit doit cuire avec son noyau pour garder tout son jus et ses arômes. Personnellement, je suis partisane du moindre effort et laisse mes fruits non dénoyautés. Cela permet d’organiser des concours de crachats de noyaux dans le jardin au moment du dessert.

Si tu veux en savoir un peu plus sur l’étymologie du mot clafoutis qui puise ses origines dans le vieux français clafoutoir / clafoutir / clafouter, tu peux faire un petit tour par ici.

A cuisiner en écoutant Spit it out par The Macchabees.

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La barbare du printemps / Trilogie de tartes sucrées et salées à la rhubarbe

 

Rhubarbe. Du latin rheum barbarum. Littéralement, la plante barbare. Car consommée originellement par les peuples sauvages, non civilisés. Racine d’un grand usage dans la médecine, et à laquelle on attribue des vertus et propriétés extraordinaires. Rien que ça.

Du coup, ta tarte à la rhubarbe extraordinaire, tu la préfères moelleuse et fondante, ou plutôt croquante et acidulée ? Plutôt sucrée, ou salée ? Pour ne pas avoir à choisir, rue toi sur la belle rhubarbe de printemps et concocte l’une de ces 3 recettes gourmandes, simples à réaliser, et qui feront aimer la rhubarbe aux plus réticents.
Oui, parce que l’acidité de notre rhubarbe, on va la neutraliser à coups de bains sucrés.  Parce que cuisiner de la rhubarbe est assez magique : on part d’un légume filandreux (oui, la rhubarbe est classée parmi les légumes), acide, pour obtenir un aliment fondant et savoureux après bain et/ou cuisson. Pour la détendre, la rendre douce et fondante. L’apprivoiser en somme.

En Alsace, on raffole de la tarte à la rhubarbe. Parce que les alsaciens sont parmi les premiers producteurs français. Parce que notre rhubarbe est invulnérable. Elle résiste aux gelées d’hiver et aux canicules estivales. Robustesse qu’elle doit à ses origines tibétaines, mongoles et sibériennes, lieu où les chinois l’ont d’abord trouvée et cultivée pour en faire une plante médicinale. Avant que les anglais ne l’importent dans leurs bateaux au XVIIIè siècle pour définitivement l’adopter, en allant jusqu’à la rebaptiser « the pieplant » : la plante à tarte. On comprend mieux maintenant pourquoi le mariage gin-rhubarbe, so british, fonctionne si bien !

Bourrée de fibres, la rhubarbe contribuerait  à baisser le cholestérol sanguin en embarquant les graisses du bol alimentaires avec elles dans le processus de digestion (d’où l’usage de la rhubarbe dans la médecine chinoise). Elle se veut aussi anti-oxydante, anti-inflammatoire, indiquée en cas de gingivite, bourrée de vitamines et minéraux… Bref, la rhubarbe te veut du bien. Alors, allons-y gaiment !

A cuisiner en écoutant The Smiths, Barbarism begins at home (et tout le reste du merveilleux album Meat is Murder) :

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Immaculée conception / Brownie-cake #presquevegan au chocolat blanc

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Crédit photo : gaellemarcelphotography

Non, cet article ne va pas traiter religion. Bien qu’une vierge choisie par le Saint Esprit puisse tout à fait mettre en œuvre la recette qu’il recèle pour faire naître un gâteau bienfaiteur et rédempteur.  Seulement, si comme moi, tu n’as jamais compris ce que du chocolat sans cacao pouvait bien bricoler dans un placard de cuisine, voici une recette qui pourra te réconcilier avec le chocolat blanc. Grâce à la conception d’une ravissante pâtisserie immaculée.

Retour sur le cas du chocolat blanc : dans les années 30, un gestionnaire visionnaire de Nestlé propose d’utiliser les surplus de beurre de cacao (une huile végétale issue de la fève de cacao lorsqu’elle est pressée pour obtenir de la poudre de cacao) en les mélangeant à  du lait, du sucre, des arômes et appelle ça du chocolat Galak : sans déconner, on se fout de qui ? J’ai toujours trouvé cela trop sucré, avec l’impression de manger une plaquette de matière grasse même en dégustant des bouchées issues de chocolatiers de renom. Et quand on se penche un peu sur la composition nutritionnelle du chocolat blanc, on réalise le peu d’intérêts qu’il a comparativement à ses frangins noir ou au lait : graisses moyennes, beaucoup de sucre, ni antioxydant ni magnésium (composants qui, soit dit en passant, permettent de déculpabiliser tout croqueur assidu de chocolat).

En partant de ce constat, j’ai voulu dépasser mon manque de foi dans le chocolat blanc. Lui donner une nouvelle vie, préservée de toute souillure du péché originel, en concoctant un gâteau où il apporterait la base de graisses et sucres, compensés par d’autres ingrédients plus « healthy ».  Et voici que le brownie -presque- vegan au chocolat blanc était né. Dans ma cuisine située à 300m à vol d’oiseau de léglise de l’immaculée conception. Sous mes yeux ébahis et agnostiques. Et sous les dents gourmandes de mes joyeux cobayes, au nombre de 3 comme les rois mages, il a été adoubé.

Ce brownie-cake idéal est absolument idéal pour le petit déjeuner paresseux du dimanche, le goûter gourmand du retour du boulot ou pour accompagner un café post-lunch. C’est en lorgnant sur l’alléchante photo du brownie vegan de Maiwenn que j’ai trouvé ma recette de base customisée de manière immaculée. Ici, le chocolat blanc sera utilisé en tant qu’agent sucrant et matière grasse, ce qui veut dire qu’on n’utilisera ni beurre et très peu de sucre en plus du chocolat blanc. Et comme on aime bien préserver les petites bêtes on n’ajoutera ni œufs ni lait (il y en a déjà dans le chocolat blanc) mais on utilisera du tofu soyeux. Le résultat : un cake -presque- vegan et gourmand, où les arômes de vanille, amandes et fève tonka se mêlent généreusement à une génoise moelleuse.

Si tu as envie de lécher l’écran en regardant les photos, saches que les innocentes, lumineuses et superbes photos de ce cake star-d’un-week-end proviennent de la talentueuse Gaëlle dont  la galerie est à découvrir >> ici.

A cuisiner en écoutant l’ode de Ray La Montagne à Meg White (et tout le reste de l’album qui n’est que douceur lactée #cœuraveclesoreilles).

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Bondieuserie / Le lamala de Pâques

lovelyluckyfactory_lamala_9 copieEt si cette année à Pâques, plutôt que de sacrifier un joli petit agneau, tu en fabriquais un de tes blanches mains ?

Cela te permettra de perpétuer l’immuable tradition chrétienne (ou juive, selon le cas) sans effusion de sang. De racheter tes péchés (et tous ceux de tes semblables) en sacrifiant une  innocente génoise immaculée. De commémorer la résurrection du messie à coups de tranches de biscuit doux, moelleux et délicatement parfumé.  De te rappeler la docilité de l’homme devant la volonté du tout-puissant avant de réaliser un mini-holocauste d’agneau dans ton four. Bref, de fêter Pâques.

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Le sacrifice d’Isaac – Le Caravage – 1603 – source

Pour ainsi fêter Pâques sans barbarie, il te suffira d’enfiler ton tablier et de casser quelques œufs. Oui, puisqu’à la base, cuisiner des tas de gâteaux à Pâques permettait d’écouler une partie des stocks d’œufs non consommés pendant le carême (d’où la symbolique des œufs en tous genres à Pâques, tu l’auras compris). Toutes les excuses sont bonnes pour cuisiner. Ainsi les italiens dévorent une Colomba di Pasqua et les auvergnats une bonne grosse Pogne de Romans. En Alsace, on reste très premier degré en fabriquant des  lamala (littéralement « petit agneau »). Il s’agit d’une génoise moelleuse, légère et nuagesque, cuite dans un moule en forme d’agneau. Ce qui donne toujours des sueurs froides au cuisinier au moment du démoulage, puisque le moule en céramique composé de 2 parties rend généralement la délivrance assez coton (l’agneau ne va-t-il pas perdre une oreille en sortant de sa coquille de terre cuite ??). Toujours est-il que cette petite merveille de légèreté, parfumée au citron ou au kirsch pour les alcooliques qui s’assument, est tellement affectionnée en Alsace qu’on lui a dédié un site web. Il ne te reste donc plus qu’à faire chauffer ton four pour inviter tes papilles à un voyage initiatique digne de la traversée de la mer Rouge.

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A cuisiner en se mettant dans la peau d’une immaculée et généreuse Sugar Mama avec Keren Ann :

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