La colombe pascale / Collab’ italo-alsacienne

PB2_4595Pâques, J-7 !

J’avais déjà raconté le pourquoi du comment de l’origine de la tradition de l’agneau pascal ici, profitant de l’occasion pour confier à ce blog la recette du Lamala de Pâques, une fabuleuse et aérienne brioche alsacienne en forme d’agneau. Si cette année à Pâques, toi non plus tu ne veux pas manger d’enfant pour fêter la résurrection du Christ, alors je t’invite à troquer ton gigot d’agneau pour une colombe italienne : une colomba di Pasqua.  Il s’agit d’une brioche généreuse à la mie moelleuse et gourmande, avec de subtiles notes de fleur d’oranger et de cédrat confit, recouverte d’un glaçage croquant. On la sert généralement pour Pâques en Italie. En plus de préserver les agneaux, tu auras l’occasion de voyager de l’autre côté des Alpes et de faire ton sport en pétrissant 1/2kg de farine. Pourquoi une forme de  colombe, me diras-tu ? Pour symboliser le printemps et la paix paraît-il. Pour changer du Panettone et du Pandoro aussi, brioches que l’on sert habituellement à Noël. Sur son blog, Graziella suggère d’ailleurs que ce sont des briochers italiens (aka les industriels de la brioche) qui ont lancé ce gâteau dans les années 30, histoire de mieux rentabiliser leurs pétrins tout au long de l’année.

Pour ma part, j’ai utilisé un moule à manqué pour cuire ma colombe, qui est donc finalement devenue colombe boule (colomba grassa en italien, ou encore fat dove en anglais), ce qui m’allait très bien. Si tu souhaites réellement respecter la forme « traditionnelle », il est facile de dégoter des moules jetables çà et là sur le net. Personnellement et après un déménagement plutôt sportif, j’ai fait pas mal de tri dans mes moules à gâteau pour me concentrer sur les essentiels et ai décidé de garder uniquement ceux que j’utilisais le plus (mon placard à pâtisserie est devenu le rayon Basics de Zara en quelque sorte).

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Quand la colombe de Pâques ressemble vraiment à une Colombe. Source : giallozafferano.it

Pour confectionner ma colombe, je me suis principalement basée sur la recette d’Edda qui tient le lumineux blog de cuisine italienne Un déjeuner de soleil, et sur la recette de l’inratable, du délicieux, du légendaire Kougelhopf de Mémé Suzanne pour un savoureux mariage Italie Alsace. Mes grands parents seraient fiers de moi.

J’ai déniché le cédrat chez un confiseur au marché #boboquifaitsonmarché. On doit pouvoir en trouver dans des épiceries orientales également. Franchement, cette recette vaut le coup d’être tentée juste pour avoir l’occasion de manipuler un ingrédient aussi surprenant que du cédrat confit. C’est un agrume à la peau très épaisse : le produit confit est du coup très charnu et massif, translucide, et tire sur le vert si bien qu’on a l’impression de manipuler une jelly trop prise plutôt qu’une écorce d’agrume confite. Son arôme est subtil et si, comme moi, tu détestes tout ce qui ressemble de près ou de loin à un fruit confit, tu as peut être trouvé l’occasion de te réconcilier avec les confiseurs. Le mariage avec l’eau de fleur d’oranger et l’amande est doux et apporte du raffinement à cette brioche très gourmande.

PB2_4620La recette se réalise en plusieurs étapes et inclut de la levure de boulangerie : il faut donc s’y prendre la veille, prévoir des temps de levées et des muscles le jour J pour travailler la pâte et lui laisser le temps de gonfler. Le résultat en vaut la chandelle d’autant plus qu’il y a toujours quelque chose de magique à cuisiner de la levure vivante qui gonfle, grandit et change sous nos doigts et la chaleur. A pétrir en écoutant la ritournelle entêtante de Dawn Landes :

Liste des courses

Pâte à colomba – kougelhopf :
  • 500 g de farine de blé blanche
  • 75 g de sucre
  • 10 g de sel fin
  • 150 g de beurre mou à température ambiante
  • 2 œufs
  • 20 cL de lait tiède (25° environ, juste pour pouvoir faire baigner la levure)
  • 1/2 cube de levure de boulanger ou  1 sachet de levure de boulanger sèche active
  • les grains d’1 gousse de vanille bien pulpeuse (ou une cuillère à soupe d’arôme vanille liquide)
  • 3 cuillères à soupe d’eau de fleur d’oranger
  • 150-200 g d’oranges et de cédrat confit
Glaçage :
  • 80 g de blanc d’œuf
  • 60 g de sucre glace
  • 100 g d’amandes en poudre (si possible fraîchement mixées)
  • amandes entières et sucre perlé (facultatif)

La recette

Mélanger délicatement la moitié du lait tiédasse avec la levure et un peu de farine pour dissoudre et réveiller la levure (= constituer le levain).

En parallèle, sur ton plan de travail ou dans le pétrin de ton robot ménager pétrisseur, travailler ensemble ce qu’il reste de farine et de lait, le sel, le sucre, les œufs. Pétrir vigoureusement tout ce petit monde pendant 1/4 d’heure (ou mettre le robot pétrisseur en vitesse intermédiaire et aller lire un chapitre de ton roman). Au bout de ce temps, ajouter le beurre ramolli, l’eau de fleur d’oranger, la vanille et le levain, pétrir encore jusqu’à ce que la pâte ait une bonne consistance. Le test ultime : enfoncer un doigt dans la pâte. Le trou formé doit être élastique, se comble rapidement par l’élasticité de la pâte.

Placer la pâte dans un saladier, couvrir d’un chiffon propre et et laisser gonfler 1h dans un endroit tiède (le top : sur une planche posée sur un radiateur).

Pendant ce temps, s’armer de patience et couper le cédrat en brunoise (= en tous petits petits petits cubes). Au bout d’une heure de repos au chaud, la pâte doit avoir bien gonflé : la travailler sur le plan de travail et lui incorporer les cubes de cédrat. Si tu utilises le « vrai » moule à colombe : former  4 boules de pâte et les placer dans le moule. Si comme moi tu utilises un vulgaire moule à mangé, former une grosse boule que tu places au milieu de ton moule éventuellement beurré si besoin.  Laisser à nouveau gonfler une heure dans un endroit tiède.

Au bout de ce temps, préchauffer le four à 200°C et préparer le glaçage en mélangeant les blancs d’œufs, le sucre glace et la poudre d’amandes. Encoller la brioche glonflée avec ce mélange puis saupoudrer généreusement d’amandes entières et de sucre perlé en veillant à les enfoncer légèrement dans la pâte pour qu’ils s’y cramponnent bien.

Enfourner pour une cinquantaine de minutes. La brioche doit dorer.

A déguster tiède ou froid, avec un thé fumant ou un café au lait. La brioche se garde bien quelques jours dans un torchon ou sous une cloche.

 

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Autres idées pascales :

 

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Rang-trait / Overnight porridge, bonnes résolutions et lutte anti-demeteriose [vegan + raw]

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Ça y est, est venu le temps d’abdiquer. De rentrer dans les rangs. De se remettre complètement et assidûment à tous les projets qui ont gentiment flotté pendant l’été parce qu’untel était en congés, parce qu’un autre t’attendait en terrasse pour profiter des rayons du soleil, parce que c’était trop bon de profiter du soleil pendant l’heure du déjeuner.
C’est l’heure de tirer un trait sur ces longues, chaudes et belles soirées d’été, où tu sors du cinéma en t’exclamant « mais il fait encore jour !! », où recherches la fraîcheur dans les sentiers d’une forêt, où la gourmandise se trouve en haut d’une échelle plantée contre un mirabellier.
Enfin, entendons-nous, il s’agit d’une rang-trait temporaire, de quelques mois, jusqu’à ce que redémarre le merveilleux cycle des jours qui s’allongent et des températures qui grimpent .
En attendant, pour ne pas te laisser la demeteriose te ronger (aka la déprime de fin d’été qui saisit tous les ans la déesse Demeter quand sa fille Perséphone repart pour 6 mois dans le royaume d’Hadès), profite de cette rentrée dans les rangs pour adopter de belles et gourmandes habitudes. Pour compenser la disparition progressive de la lumière par de bonnes vitamines boosteuses d’organisme.

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Hey cherry, tu veux du clafoutis ? / Clafoutis aux cerises #vegan

Lovelyluckyfactory_clafoutisvegan_4Je t’avais déjà parlé du pouvoir bienfaisant du clafoutis ici. Il se trouve qu’entre temps j’ai testé une nouvelle recette, vegan de surcroît, grâce à ces gourmands de France végétalienne. Un clafoutis savoureux, qui se tient fièrement, moelleux, fondant, avec uniquement 7 ingrédients.  Imbattable non ? Vite, saisis-toi de ton échelle, grimpe au cerisier, macule-toi le tee-shirt de jus de fruits en cueillant les cerises et rue-toi en cuisine pour préparer cette petite merveille printanière.

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Alors il y a ceux qui veulent dévorer tranquillement leur clafoutis sans être importuné par de vilains noyaux, et les puristes qui insistent sur le fait que le fruit doit cuire avec son noyau pour garder tout son jus et ses arômes. Personnellement, je suis partisane du moindre effort et laisse mes fruits non dénoyautés. Cela permet d’organiser des concours de crachats de noyaux dans le jardin au moment du dessert.

Si tu veux en savoir un peu plus sur l’étymologie du mot clafoutis qui puise ses origines dans le vieux français clafoutoir / clafoutir / clafouter, tu peux faire un petit tour par ici.

A cuisiner en écoutant Spit it out par The Macchabees.

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La barbare du printemps / Trilogie de tartes sucrées et salées à la rhubarbe

 

Rhubarbe. Du latin rheum barbarum. Littéralement, la plante barbare. Car consommée originellement par les peuples sauvages, non civilisés. Racine d’un grand usage dans la médecine, et à laquelle on attribue des vertus et propriétés extraordinaires. Rien que ça.

Du coup, ta tarte à la rhubarbe extraordinaire, tu la préfères moelleuse et fondante, ou plutôt croquante et acidulée ? Plutôt sucrée, ou salée ? Pour ne pas avoir à choisir, rue toi sur la belle rhubarbe de printemps et concocte l’une de ces 3 recettes gourmandes, simples à réaliser, et qui feront aimer la rhubarbe aux plus réticents.
Oui, parce que l’acidité de notre rhubarbe, on va la neutraliser à coups de bains sucrés.  Parce que cuisiner de la rhubarbe est assez magique : on part d’un légume filandreux (oui, la rhubarbe est classée parmi les légumes), acide, pour obtenir un aliment fondant et savoureux après bain et/ou cuisson. Pour la détendre, la rendre douce et fondante. L’apprivoiser en somme.

En Alsace, on raffole de la tarte à la rhubarbe. Parce que les alsaciens sont parmi les premiers producteurs français. Parce que notre rhubarbe est invulnérable. Elle résiste aux gelées d’hiver et aux canicules estivales. Robustesse qu’elle doit à ses origines tibétaines, mongoles et sibériennes, lieu où les chinois l’ont d’abord trouvée et cultivée pour en faire une plante médicinale. Avant que les anglais ne l’importent dans leurs bateaux au XVIIIè siècle pour définitivement l’adopter, en allant jusqu’à la rebaptiser « the pieplant » : la plante à tarte. On comprend mieux maintenant pourquoi le mariage gin-rhubarbe, so british, fonctionne si bien !

Bourrée de fibres, la rhubarbe contribuerait  à baisser le cholestérol sanguin en embarquant les graisses du bol alimentaires avec elles dans le processus de digestion (d’où l’usage de la rhubarbe dans la médecine chinoise). Elle se veut aussi anti-oxydante, anti-inflammatoire, indiquée en cas de gingivite, bourrée de vitamines et minéraux… Bref, la rhubarbe te veut du bien. Alors, allons-y gaiment !

A cuisiner en écoutant The Smiths, Barbarism begins at home (et tout le reste du merveilleux album Meat is Murder) :

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Immaculée conception / Brownie-cake #presquevegan au chocolat blanc

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Crédit photo : gaellemarcelphotography

Non, cet article ne va pas traiter religion. Bien qu’une vierge choisie par le Saint Esprit puisse tout à fait mettre en œuvre la recette qu’il recèle pour faire naître un gâteau bienfaiteur et rédempteur.  Seulement, si comme moi, tu n’as jamais compris ce que du chocolat sans cacao pouvait bien bricoler dans un placard de cuisine, voici une recette qui pourra te réconcilier avec le chocolat blanc. Grâce à la conception d’une ravissante pâtisserie immaculée.

Retour sur le cas du chocolat blanc : dans les années 30, un gestionnaire visionnaire de Nestlé propose d’utiliser les surplus de beurre de cacao (une huile végétale issue de la fève de cacao lorsqu’elle est pressée pour obtenir de la poudre de cacao) en les mélangeant à  du lait, du sucre, des arômes et appelle ça du chocolat Galak : sans déconner, on se fout de qui ? J’ai toujours trouvé cela trop sucré, avec l’impression de manger une plaquette de matière grasse même en dégustant des bouchées issues de chocolatiers de renom. Et quand on se penche un peu sur la composition nutritionnelle du chocolat blanc, on réalise le peu d’intérêts qu’il a comparativement à ses frangins noir ou au lait : graisses moyennes, beaucoup de sucre, ni antioxydant ni magnésium (composants qui, soit dit en passant, permettent de déculpabiliser tout croqueur assidu de chocolat).

En partant de ce constat, j’ai voulu dépasser mon manque de foi dans le chocolat blanc. Lui donner une nouvelle vie, préservée de toute souillure du péché originel, en concoctant un gâteau où il apporterait la base de graisses et sucres, compensés par d’autres ingrédients plus « healthy ».  Et voici que le brownie -presque- vegan au chocolat blanc était né. Dans ma cuisine située à 300m à vol d’oiseau de léglise de l’immaculée conception. Sous mes yeux ébahis et agnostiques. Et sous les dents gourmandes de mes joyeux cobayes, au nombre de 3 comme les rois mages, il a été adoubé.

Ce brownie-cake idéal est absolument idéal pour le petit déjeuner paresseux du dimanche, le goûter gourmand du retour du boulot ou pour accompagner un café post-lunch. C’est en lorgnant sur l’alléchante photo du brownie vegan de Maiwenn que j’ai trouvé ma recette de base customisée de manière immaculée. Ici, le chocolat blanc sera utilisé en tant qu’agent sucrant et matière grasse, ce qui veut dire qu’on n’utilisera ni beurre et très peu de sucre en plus du chocolat blanc. Et comme on aime bien préserver les petites bêtes on n’ajoutera ni œufs ni lait (il y en a déjà dans le chocolat blanc) mais on utilisera du tofu soyeux. Le résultat : un cake -presque- vegan et gourmand, où les arômes de vanille, amandes et fève tonka se mêlent généreusement à une génoise moelleuse.

Si tu as envie de lécher l’écran en regardant les photos, saches que les innocentes, lumineuses et superbes photos de ce cake star-d’un-week-end proviennent de la talentueuse Gaëlle dont  la galerie est à découvrir >> ici.

A cuisiner en écoutant l’ode de Ray La Montagne à Meg White (et tout le reste de l’album qui n’est que douceur lactée #cœuraveclesoreilles).

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