Cuisine de printemps / Asperges à la flamande

asperge-8.jpgCette grande tige qui confirme qu’on y est enfin. Le fragile et précieux printemps pointe le bout de son asperge. Et on est même autorisé à le dévorer. Fébrilement. Parce qu’on en a sur la planche que quelques fois l’an. On a peur de mal s’y prendre. De gâcher la coûteuse botte. On est maladroit, gauche, on vérifie dans ses bibles comment les connaisseurs recommandent d’éplucher, cuire, refroidir les vulnérables tiges. On veut les magnifier. Être audacieux. Et surtout ne pas gâcher la marchandise. Et comme le soleil perce, on ne va pas non plus passer des heures en cuisine. Oui, partons sur quelque chose de simple.

J’ai découvert cette manière de préparer les asperges à Bruges il y a une bonne dizaine d’années. Des œufs, du persil, de l’huile, des asperges, et roule ma poule. Ce plat sans chichi souligne à merveille la saveur délicate de l’asperge. C’est donc avec une joie toute printanière que je me suis emparée d’une botte au marché. Pour réadapter cette assiette belge à la sauce lucky et avoir l’impression d’être au bord des canaux brugeois le temps d’un repas. Aussi et bien sûr pour te communiquer une recette illustrée, cher lecteur, que tu puisses à ton tour l’essayer et varier du classique mayo-asperge d’avril. D’ailleurs, je suis curieuse : comment est-ce que tu aimes et cuisines les asperges, toi ? Tu veux bien me l’écrire en commentaire ? En attendant, joyeux printemps !

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*Pause culture*

L’asperge, ce légume de riche qui pourrit les WC. Cher parce que ramassé à la main, fragile et saisonnier : on n’en trouve que 2 mois dans l’année. Pestilentiellement  diurétique parce que beaucoup plus riche en potassium que sodium, et bourré d’asparagine, un composé que ton petit organisme transforme en souffre malodorant. Enfin, seulement 43% de la

population serait équipé de l’enzyme responsable de la capiteuse dégradation alors peut être te demandes-tu de quoi je suis bien en train de te parler. Au passage, pensée pour les organisateurs de la fête de l’asperge du Blayais qui doivent avoir une logistique sanitaire imparable et un contrat VIP avec toi-toi. Leur site rassemble quelques recettes originales et appétissantes : en cas de manque d’idées aspergeuses c’est par ici.

Recette à réaliser les fenêtres ouvertes, avec une chemise à fleurs et en chaloupant sur Father John Misty  :

La liste des courses (pour une entrée pour 4 personnes)

Merci à BienDeChezNous.be et Cuisine AZ  qui m’ont permis re-créer cette recette belge.

  • 4 œufs
  • 24 asperges blanches
  • 1 cuillère à soupe de moutarde
  • 1 petit bouquet de persil
  • 6 cuillères à soupe d’huile neutre (colza, tournesol…)
  • 3 cuillères à soupe de vinaigre (moitié Melfor – moitié vinaigre de cidre pour moi)
  • 10 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • sel et poivre
  • selon le goût : un peu d’échalote, ciboulette, citron…
La recette

Commencer par faire cuire les œufs durs : les plonger entiers dans une casserole d’eau bouillante et laisser cuire à feu moyen pendant 10min (en évitant le gros bouillon qui pulvérisera la coquille des œufs contre la paroi de la casserole pour laisser s’échapper un triste nuage d’albumine gâchée). Laisser refroidir.

Puis on s’occupe des asperges. On n’y va pas comme un sauvage avec les délicates. En début de saison et si elles sont fines, on  les passe à l’eau avant de leur éplucher le turion (= de la tête au talon avec un économe). Pour les asperges à gros calibre, on épluche une seconde fois afin d’éviter de se retrouver avec des filaments entre les dents au moment de la dégustation. Puis on casse le talon « où il souhaite se casser ». Absolument. C’est cuisineAZ qui me l’a appris « chaque asperge est plus fragile à un endroit du pied : il faut les casser à cet endroit précis et non pas les trancher avec un couteau ».

Une fois le rituel d’épluche/talonnade effectuée, on plonge les asperges dans un grand volume d’eau bouillante légèrement salée pendant 25min. Prendre garde de ne pas faire cuire à gros bouillon, ce qui aurait pour fâcheuse conséquence de dégommer les pointes.
Pendant que les légumes cuisent, écailler les œufs et les couper en brunoise (a.k.a. en petits dés). Les mélanger intimement avec la moutarde dans un bol.  Laver le persil, le hacher finement (technique ciseaux – verre) et ajouter au mélange moutarde-œufs. Saler, poivrer, ajouter les 3 cuillères à soupe de vinaigre, puis progressivement les 2 huiles. Goûter, ajuster éventuellement l’assaisonnement et customiser selon l’envie / le contenu des placards (échalote ou ciboulette émincées, zeste ou jus de citron…)
Quand les asperges sont cuites (à vérifier en sacrifiant un exemplaire pour le cuisinier), les récupérer avec une écumoire et les déposer délicatement sur un linge qui absorbera l’excès d’eau. Dresser les assiettes en disposant joliment les asperges, déposer de la sauce et signer avec un peu de persil haché. Mettre un bouquet de fleurs des champs sur la table, ouvrir les fenêtres et déguster joyeusement le printemps sans attendre.
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Disco Whoopies / Guimauve à paillettes et cookies à la bergamote

whoopies-10.jpgViens, suivons les prescriptions du Dr. Bare et échappons à l’hiver des choses en plantant nos incisives dans un sandwich bergamoté. Pailleté. Sucré. Guimauvé. Pour ressentir la merveilleuse synergie du soleil lombard et de la douceur d’un nuage. Pour avoir le bonheur de manger des paillettes. La bergamote sera notre arôme phare. Un agrume anti-scorbut, au carrefour entre l’orange et le citron, plébiscité par les croisés puis les lombards et rendu célèbre grâce au thé Earl Grey. Une légende dirait d’ailleurs que la bergamote permet de voir le lieu de naissance des fées les soirs de pleine lune (mythe dont je n’ai pas trouvé l’origine : j’appelle tous les ésotériques curieux qui me liraient à m’aider dans cette quête)

Alors j’arrive un peu tard puisque les whoopie cakes alias les whoopies ont connu leur grand boum outre-Atlantique … en 2010. Oui, car ce sont encore les américains, et plus précisément la communauté Amish, qui auraient inventé ce cookie-sandwich il y a des lustres, initialement composé de 2 cookies chocolatés assemblés par une épaisse crème à la vanille ou un duvet de guimauve. L’ancêtre de l’Oréo donc.

Pour la recette que je te propose, nous allons créer une moelleuse guimauve vanillée (sans gélatine), pimpée de paillettes, et la coincer en sandwich entre deux cookies potelés et bergamotés. Une recette que la douce Emily m’a soufflée, avec l’idée de remplir l’air de toutes ces choses douces et brillantes qu’il y a entre gens qui s’aiment, comme elle le fait si délicatement avec sa musique.

Emily Yacina “Soft Stuff” – ROOKIE from Rookie on Vimeo.

 

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Reste ami avec ton jean / Trois fabuleux fondants au chocolat sans beurre et sans reproche

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Cuisiner un moelleux au chocolat gourmand et fondant sans devoir courir marathon dans la semaine qui suit, c’est possible ? Non parce qu’entre nous, charger 1/2 plaquette de beurre, 1 pot de crème ou 6 œufs dans un seul petit moule à gâteau me crève le cœur à chaque tranche (et fatigue dangereusement la couture de mon jean). Voici donc non pas une, mais trois recettes de moelleux très forts en chocolats, aux doses de sucre et matières grasses un peu moins hérétiques qu’un gâteau chocolaté classique. Des recettes qui ne se veulent pas light, mais intelligentes, en utilisant des ingrédients riches en nutriments intéressants (du chocolat noir gorgé de théobromine euphorisante, des amandes débordantes de graisses saines et de vitamines), et qui ne font pas exploser l’indice glycémique (aka la concentration de sucre dans le sang qui suit l’ingestion d’aliments sucrés – et qui est stocké si non utilisé par tes mouvements de gymnaste soviétique ou de hula hoop). Et surtout, argument ultime, il s’agit recettes testées et approuvées par un jury composé aussi bien d’enfants gourmands que d’adultes gloutons : tu peux donc y aller les yeux fermés. Et pourras les cuisiner la conscience tranquille aux ripailleurs que tu aimes mais qui souhaitent rester (ou redevenir) aussi sexy et sveltes que des Dandy Warhols en l’an 2000.

*pause culture*

Le sucre de coco. La nouvelle star des sucres. Même Gwyneth le cuisine, c’est dire. On a donc cédé à la tendance ici aussi. Calmons-nous, il s’agit de sucre. S’il apporte le même nombre de calories que le sucre de betterave, le sucre de coco (extrait de la fleur de cocotier) serait plus intéressant pour notre petit organisme sans pour autant être un aliment miracle.  Cette petite vidéo de 2’50 » l’explique d’ailleurs très bien. Contrairement au sucre blanc dit « vide », le sucre de coco contient quelques vitamines et minéraux, des polyphénols, du potassium et même de l’inuline, une fibre qui agit comme un prébiotique (pour plus d’informations, rendez-vous sur cet article très complet de l’Huffington post). Ce serait aussi et surtout un sucre écolo puisque le cocotier est une plante peu gourmande en eau tout en ayant un rendement supérieur à la canne à sucre. Enfin, le sucre de coco a une saveur fruitée et caramélisée, ce qui le rend très intéressant en cuisine. Pour avoir un aperçu complet de la palettes de sucres qui s’offrent à toi, je te renvoie vers l’article de Victoria de  Mango&Salt.

 

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Passion cahouète / La décadente tarte aux cacahuètes-poires

TARTE CAHOUETE-6Et si en 2018, on se servait une bonne part de sérénité, une rasade d’aventures audacieuses, une pincée d’insouciance et quelques louches de beauté gourmande ?  En commençant par être gastronome et entreprenant. Avec un dessert aux cacahuètes par exemple. Oui, parce qu’après être passée à la moulinette ici, la cahouète a droit à un nouveau traitement de charme. Couvrant avec gourmandise et croquant les épaules de poires juteuses, la cacahuète suave et fondante t’aider à mieux traverser l’hiver en oubliant les bonnes résolutions que tu n’auras pas appliquées.

Recette inspirée de la pétillante Anne depuis sa Station Gourmande  à cuisiner bien à chaud en écoutant Hospitality :

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Passion cahouète / Velouté à la cacahuète des gourmets [vegan]

SOUPE CAHUETE-2Viens, on surprend un peu tes papilles. Avec cet onctueux et étonnant velouté à la cacahuète. Oui. Parce que la cacahuète a aussi le droit de se la jouer gourmet, pour se retrouver ne serait-ce qu’une fois dans sa vie ailleurs que dans un bol d’apéro ou engloutie dans un Snickers. J’avoue avoir été un peu dubitative avant de me lancer. Pour moi, cacahuète est synonyme de gras, de lourd, d’absence de raffinement. Mais puisqu’on consomme de la soupe à la cacahuète en Bolivie, au Pérou, dans les Caraïbes et même en Afrique de l’ouest, c’est qu’il doit  y avoir quelque chose de goûtu à la cuisiner de la sorte. Puis la magie de la cuisine, de la cuisson, et l’alchimie des aliments a opéré. Je me suis retrouvée avec une soupe suave, harmonieuse, nourrissante, aux arômes de cacahuète très doux et subtils. Un velouté que je recommande vivement, parfait en petites doses pour agrémenter un apéritif dînatoire ou pour une entrée,accompagnée d’une fondue de poireaux ou de blettes.

Je suis partie de la recette de Constance et Sandrea vue sur TwoLeBlog. Je me la suis réappropriée, ai fait plusieurs essais pour parvenir à un velouté immaculé. Réalisé en un tour de main, ce qui ne gâche rien.

A cuisiner en écoutant Grand National :

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