Wild cooking et recette inutile / Velouté de potiron pimpé aux bolets de forêt & tête de moine

 

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Fifty shades of autumn

Aujourd’hui, la recette n’est qu’un prétexte. Parce qu’entre nous, je ne vois pas bien pourquoi tu aurais besoin de moi pour réaliser réaliser une soupe au potiron. C’est à la portée de n’importe quel cornichon. Et quand bien même, les recettes sur Google sont légion (424 000 résultats, rien que ça).

Non, ce que je tiens à partager avec toi aujourd’hui est tout autre : la joie primaire de chasser sa nourriture dans la forêt. De retrouver ce bonheur enveloppant de sentir l’humidité des plantes remplir ses poumons. De mouiller ses chaussures dans la rosée automnale. D’écouter le bruit des sous-bois. De traquer les rais de lumières qui passent entre les feuilles. D’épier les silhouettes de champignons aux pieds des arbres. De se prendre des branches et toiles d’araignée dans la tronche ou de te tordre la cheville dans le mauvais trou caché par des feuilles mortes (revenir avec des stigmates de la forêt = très important pour retrouver son état cro-magnon). De te croire homme de néandertal, indien Apache ou Navajo. De débusquer de jolies images entre les arbres (merci à ces chères CEM et Madame Oreille pour leurs précieux conseils en photographie automnale). Et puis, bien sûr, prendre un arbre dans tes bras, lui raconter tes malheurs avant de les lui confier. De les lui abandonner. Parce que lui, l’arbre, il saura quoi en faire. Puis repartir léger, allégé, pour cuisiner les cèpes joyeusement offerts par la forêt (note : tous les cèpes sont des bolets, mais tous les bolets ne sont pas des cèpes. A méditer. Si une blague te vient à la lecture de cette improbable phrase, laisse là en commentaire. Be my guest !)

C’est donc l’enfant qui sommeille en moi (ou qui ne s’est jamais endormi, je laisse ceux qui savent décider) qui a pris une ribambelle de photos sauvages, avant de s’enfermer en cuisine pour préparer une soupe pimpée aux cadeaux de la forêt. J’en profite pour remercier mes agiles chasseurs aux yeux perçants d’avoir déniché ces quelques bolets de derrière leurs fourrés. Pour ceux qui auront une furieuse et irrépressible envie d’aller chasser le champi en lisant cet article : les mamas prévoyantes te donnent ici tous leurs tips and tricks pour reconnaître les champignons comestibles.

Pause pimpage : j’adore maquiller les soupes comme des voitures volées. Ça les rend gourmandes, riches, repas. Pour cela, je les mouline toujours en veillant à les garder bien épaisses pour que le topping puisse fièrement flotter sur la surface. Avant de tout mélanger sauvagement au moment de dévorer. Tout casser pour tout recommencer. Le principe de base des lego. Des puzzles. Du monde quoi. #regression

Laisse donc s’éveiller le chasseur-cueilleur qui sommeille en toi, enfile tes chaussures waterproof et va  faire un tour en forêt. Aucun problème si tu n’y trouves aucun champignon, tu t’y seras à coup sur retrouvé toi-même.

La liste de courses  pour 2 jolis bols :
  • 1/2 potiron bio lavé et épépiné coupé en gros morceaux (non épluché)
  • 2 pommes de terre  épluchées et coupées en cubes (j’ai pris des charlotte)
  • 1 oignon épluché et coupé en cubes
  • 1 gousse d’ail
  • 1 poignée de champignons (ici : des cèpes)
  • du fromage (ici, des fleurs de tête de moine)
  • des baies roses (ou du poivre)
  • gros sel de mer
  • huile d’olive
La recette :

Commencer par faire revenir l’oignon et les pommes de terre à feu moyen dans une grande casserole avec un peu d’huile d’olive. Remuer régulièrement et quand les morceaux commencent à dorer, ajouter les cubes de potiron. Ajouter de l’eau pour recouvrir entièrement les légumes, saler et laisser cuire à feu moyen  20 minutes minimum. La pointe d’un couteau planté dans les cubes de légumes doit s’enfoncer sans encombre. Sinon poursuivre la cuisson.

Égoutter les légumes en conservant un peu du jus de cuisson et mouliner au blender (ou mixeur plongeant) pour obtenir un velouté bien lisse. Ajouter au besoin un peu de jus de cuisson pour obtenir la consistance souhaitée. Goûter, saler et poivrer au besoin. Réserver.

Nettoyer les champignons et les couper en gros morceaux avant de les faire revenir à feu vif dans une poêle avec un peu d’huile d’olive, du sel et l’ail coupé en petits morceaux. Quand les champignons commencent à dorer, couper le feu et réserver.

Préparer les fleurs de tête de moine (ou les copeaux de parmesan / gruyère / n’importe quel fromage à pâte dure)

Verser le velouté dans de jolis bols. Déposer quelques moreaux de champignons dorés, des fleurs de tête de moine. Finir en déposant des éclats de baies roses (préparés ici avec un mortier). Déguster sans attendre.

 

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Scrupules lactés / Lait d’amande maison, chaï tea latte et cookies moelleux à l’okara [vegan]

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Le lait végétal, une excellente alternative aux laits animaux pour la cuisine de tous les jours ?

A priori, s’envoyer de temps en temps un verre de lait d’amande ou d’avoine à la place du lait classique permet de soulager les pis de vaches, secourir les intestins fragiles et varier les apports nutritionnels. Wonderful ! Seulement, s’il y a une grande polémique paranoïaque autour du lait de vache qui amène à se demander si on ne s’empoisonne pas à chaque bouchée de camembert, on n’est pas complètement serein pour ce qui concerne les laits végétaux non plus. Le lait de soja est soupçonné d’être une cochonnerie de perturbateur endocrinien. Le lait d’amande serait une aberration écologique (de la poudre d’amande californienne mixée avec de de l’eau, mise en brique et transportée de par le monde...).  La noix de cajou explose les compteurs avec une empreinte carbone complètement folle : les fruits sont cultivés en Afrique (la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial), transitent par le Brésil pour être écossés, avant de revenir sur nos étals. #cajouvoyageuse

Bon, on peut vraisemblablement se consoler avec les laits d’avoine, de noisette et d’épeautre qui sont fabriqués avec des céréales ayant parcouru moins de 10 000 km pour rejoindre tes placards.

Une fois qu’on a dit tout ça, on se demande comment coupler veganisme et bon sens sans pour autant se retourner le cerveau en faisant ses courses. Une solution consisterait finalement à consommer tous ces laits intelligemment, avec parcimonie et en variant.  Se régaler de temps en temps de fromage au lait de vache tout en faisant travailler les laiteries et en risquant d’avoir mal au ventre pour les plus fragiles. Participer à pourrir la planète en consommant un peu d’amandes et des noix de cajou du bout du monde, mais pas trop parce que c’est ultra-riche et que ça coûte une fortune, mais un peu quand même parce que c’est plein de bons nutriments pour le corps. Faire fonctionner le commerce local en achetant du lait d’avoine européen ou de noisettes turques, en admettant qu’ils proviennent peut être de sols un peu souillés.

L’expérience écolo-vegan que je te propose aujourd’hui ? Te prendre pour La Laitière de Vermeer : fabriquer ton propre lait d’amande avec une facilité déconcertante (plus écolo et tellement plus ludique que la brique du supermarché), et utiliser les reliquats du lait (la pulpe d’amandes aka l’okara), pour concocter de délicieux cookies moelleux et vegan. Rien ne se perd.

Allez, enfile ton tablier et lance Massive Attack. Oui, tu connais sans nul doute ce morceau issu de ce cultissime album. Mais clique quand même sur play et ferme les yeux. Tu avais oublié à quel point cette mélodie amniotique était aussi douce pour les oreilles qu’un verre de lait chaud qui dévalerait délicatement dans ton gosier.

 

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Mytho meatballs / Spaghetti bolognaise cruelty free aux boulettes de courgette & pois chiches [vegan]

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Septembre oblige, je te propose de réviser tes classiques. En commençant par remonter le long du fleuve Léthé. Ce cours d’eau aux portes des enfers, est dans la mythologie grecque le passage obligé des âmes destinées à retrouver la terre ferme pour retourner habiter un nouveau corps. Avant de se réincarner, elles buvaient l’eau du Léthé pour oublier tout ce qu’elles savaient de leurs vies antérieures. Amnésie. Paf. Tout oublier pour mieux recommencer. Les affreux méfaits commis. Les souvenirs insoutenables et merveilleux. Les plus belles choses apprises. Les fondamentaux. Tout. Notamment le fait qu’un animal peut connaître la souffrance, et qu’on peut trouver des protéines ailleurs que dans la chair. Ailleurs que dans l’élevage intensif de bestioles qui vivent si fréquemment une vie de misère et de souffrance avant d’être mécaniquement tuées. d’être découpées, dépiotées par des esclaves humains transformés en zombies, machines vivantes qui travaillent trop souvent dans de tristes conditions. Si bien qu’ils oublient parfois toute leur humanité. Fermant les yeux et appliquant des protocoles souvent parfaitement légaux et pourtant cruels. Tentant de survivre dans un univers où leur mission consiste à empêcher l’autre de survivre, en restant le plus indifférent possible. En faisant trop souvent souffrir un autre être vivant qui lui non plus n’a rien demandé.

Ok, tu commences à me trouver pénible avec mon discours bien pensant (imbibé de mon récent visionnage du fameux film Okja qui m’aura vaillamment rappelé pourquoi j’ai arrêté de manger de la viande). J’aimerais juste chatouiller ton empathie. Pour l’espèce humaine ou animale, je m’en fous. Juste te motiver à acheter un pack de viande hachée en moins cette semaine pour le remplacer par mes mythologiques meatballs mythomanes. Parce que mes bouboules, elles sont bourrées de protéines et font largement le poids face à des boules de chair, nutritivement,  gustativement et digestivement parlant. Et surtout parce qu’elles n’ont fait hurler aucun veau arraché à sa mère dans la minute qui suit sa naissance, fait paniquer aucun cochon pendant la descente dans le tunnel à CO2, envoyé aucun poussin au broyeur parce qu’il avait eu le malheur de naître mâle. Parce qu’elles peuvent aussi bien finir en bolognaise vegan que dans un wrap. #multipass. #crueltyfree

Allez, fini la bonne morale, parlons bons nutriments et bon sons. Recette à concocter en écoutant They are night zombies de Sufjan Stevens :

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Rang-trait / Overnight porridge, bonnes résolutions et lutte anti-demeteriose [vegan + raw]

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Ça y est, est venu le temps d’abdiquer. De rentrer dans les rangs. De se remettre complètement et assidûment à tous les projets qui ont gentiment flotté pendant l’été parce qu’untel était en congés, parce qu’un autre t’attendait en terrasse pour profiter des rayons du soleil, parce que c’était trop bon de profiter du soleil pendant l’heure du déjeuner.
C’est l’heure de tirer un trait sur ces longues, chaudes et belles soirées d’été, où tu sors du cinéma en t’exclamant « mais il fait encore jour !! », où recherches la fraîcheur dans les sentiers d’une forêt, où la gourmandise se trouve en haut d’une échelle plantée contre un mirabellier.
Enfin, entendons-nous, il s’agit d’une rang-trait temporaire, de quelques mois, jusqu’à ce que redémarre le merveilleux cycle des jours qui s’allongent et des températures qui grimpent .
En attendant, pour ne pas te laisser la demeteriose te ronger (aka la déprime de fin d’été qui saisit tous les ans la déesse Demeter quand sa fille Perséphone repart pour 6 mois dans le royaume d’Hadès), profite de cette rentrée dans les rangs pour adopter de belles et gourmandes habitudes. Pour compenser la disparition progressive de la lumière par de bonnes vitamines boosteuses d’organisme.

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Passion patate / Velouté glacé patate douce, coco et gingembre

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A la veille du premier mois en -bre,  je te propose d’attaquer joyeusement la rentrée, la tête encore bien ancrée en été. De lutter activement contre le blues de septembre en dévorant un plat d’été-hiver. Ouais. Une assiette bourrée de bons glucides pour assimiler plein de nouvelles connaissances, initier de nouveaux projets avec un cerveau bien alimenté, recommencer les séances de kick boxing avec des muscles bien irrigués… mais en gardant sérieusement un pied sous les tropiques. En offrant à ton palais de la fraîcheur veloutée aux bons goûts d’ailleurs. Une soupe froide divinement onctueuse, épaisse à souhait et assurément exotique où la patate douce danse le biglemoi avec le lait de coco, où les oscillations du gingembre font vibrer les feuilles de coriandre pour enchanter tes papilles. On ne rigole pas : ce velouté, c’est de l’évasion en bol.

A cuisiner en écoutant Polo & Pan

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