Christmas time / Les petits beurres de Noël aux allures de rennes

BREDELE-4Point d’avent sans petits gâteaux de Noël par ici. Ce serait un peu comme un biker sans tatouage, une licorne sans arc-en-ciel ou les Spice Girls sans Gerry : ça laisserait trop de vide.

Mais comme le temps manque un peu, on se concentre sur les basiques, ou plutôt LE basique : le  butterbredele, aka le petit gâteau au beurre en alsacien. Le classique, mais aussi le plus croquant-gourmand. L’incontournable. Parce que gourmandise pressée peut aussi rimer avec fainéantise, on se ruera vers la facilité en suivant cette succulente recette alsacienne tout sauf vegan. Mais pas n’importe quelle recette. Il s’agit de la merveilleuse recette que je dévorai petite dans les boîtes cachées sous le lit. Meilleure que celle du Bredelbuch’ (merci Marie-Jeanne !). Et parce qu’on sait quand même rire de nos traditions désuètes et qu’on avait tout sauf envie de sortir par ce dimanche neigeux,  on s’est amusés à les affubler d’un look de renne (merci à Anne Sophie pour cette poilante idée). Nous voilà avec toute une armée de cervidés plus ou moins bien exécutés, sagement parqués dans une boîte hermétique pour les 2 prochaines semaines. Pour ceux qui n’ont ni la patience ni l’envie de jouer à dessiner des bois, l’option dorure à l’œuf est tout à fait possible.

A cuisiner en écoutant Depeche Mode :

La recette pour une cinquantaine de sablés (tout dépend de la taille de tes emporte-pièces). NB : La tête de cerf géant vient de chez Flying Tiger.

LA LISTE DES COURSES
  • 500g de farine
  • 250g de sucre
  • 250g de beurre à température ambiante
  • 8 jaunes d’œufs (si, si, 8)
  • 1 œuf pour dorer OU du sucre glace + un blanc d’oeuf  + de la poudre de cacao non sucré en poudre + du colorant rouge
LA RECETTE (compter une nuit de repos pour la pâte)

Mélanger le beurre coupé en gros morceaux avec le sucre dans un grand saladier ou au robot mixeur. Puis ajouter les jaunes d’œufs et la farine progressivement. Former une boule, filmer et placer au réfrigérateur pour 3h minimum (idéal = 1 nuit).

Après ce temps de repos, préchauffer le four à 190°C. Travailler la pâte sur le plan de travail fariné et l’étaler sur 3-4mm d’épaisseur à l’aide d’un rouleau à pâtisserie. Découper des formes à l’emporte pièce, et déposer les cookies-to-be sur la plaque du four recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant un peu. L’astuce de la factory : si tu réalises des formes de gâteaux diverses, rassemble les mêmes forme sur la même plaque car ces gâteaux auront le même temps de cuissons. A ce moment, si tu n’as pas l’intention de dessiner des bois en chocolat sur tes sablés, tu peux simplement les dorer à l’œuf (battre l’œuf à la fourchette et dorer chaque petit four à l’aide d’un pinceau alimentaire). Sinon, enfourne tel quel, on causera déco plus tard.
Enfourner pour 8min : les petits fours doivent être dorés sur les bords et clairs au centre. Le temps de cuisson varie selon la taille des gâteaux et de l’épaisseur de la pâte : ne pas hésiter à réduire un peu la durée de cuisson et surveiller derrière la porte de son four pour éviter de cramer toute une fournée.

Quand les petits fours sont cuits, les déposer délicatement sur une grille jusqu’à complet refroidissement. Vient alors le moment de la décoration pour ceux qui veulent donner un look Ikea à leurs gâteaux.

Pour préparer le glaçage, mélanger à l’aide d’un petit fouet 1 blanc d’œuf avec du sucre glace (je ne pèse jamais : j’y vais progressivement pour obtenir une bonne texture, ni trop épaisse, ni trop liquide. Féérie cake l’explique très bien ici si tu n’es pas très à l’aise avec le sujet). Verser la moitié  dans un autre petit bol et ajouter du colorant rouge (en poudre ou en gel) et une pincée de poudre de cacao pour obtenir un joli rouge homogène. Filmer le glaçage avec du film alimentaire (filmer au contact) jusqu’à utilisation pour éviter que le glaçage ne sèche. Mélanger le reste du mélange sucre-œuf avec de la poudre de cacao non sucré jusqu’à obtenir une jolie teinte chocolat. Filmer au contact également. Ensuite, c’est comme tu es le plus à l’aise : pour faire les points (ex : le nez et les boules des sapins) je trouve que la douille avec canule fine est le plus pratique, et que le cure-dents ou le couteau est le meilleur outil pour les bois. Maintenant, je recommande de faire des essais et de s’amuser.

Une fois les décorations réalisées et que les rennes ont pris vie, aisser sécher quelques heures puis stocker dans une boîte métallique hermétique jusqu’à 3 semaines.

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D’autres recettes de gâteaux de Noël de la factory accessibles ici (utile pour utiliser les jaunes d’œufs restants).lovelyluckyfactory_bredele_1

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Réconciliation stellaire / Velouté de fenouil et haricots blancs à l’anis étoilé

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Anis, j’ai toujours eu du mal avec toi. A bien y penser, jamais une bouteille de pastis n’a passé le seuil de ma porte. Mais je t’ai toujours trouvé sexy sous ta forme étoilée, alors je t’avais gardé une petite place dans mon esprit (et mon placard). Parfois je te buvais dans un vin chaud et plus récemment dans un chaï tea. C’est certainement ainsi que j’ai appris à te tolérer, anis : à force d’insister, sans grande conviction, mon palais a commencé à te trouver moins répugnant. Il paraît d’ailleurs que c’est ainsi qu’il faut procéder avec les enfants qui refusent un aliment : progressivement, insidieusement, par dose homéopathique. C’est alors que j’ai eu envie de te tester salé,  mêlé à ton copain anisé le fenouil lui aussi trop souvent marginalisé, et des haricots blancs, pimpé de noisettes et d’oignons, pour voir si je pouvais être charmée ainsi. And it’s a match. En toute subtilité, tu es venu caresser mes papilles dans ce velouté délicat et immaculé. Anis, bienvenu dans ma cuisine : je te promets de beaux jours à mes côtés.

*Pause culture* C’est Marco Polo qui aurait fait connaître la badiane chinoise aux européens aux XIIIè-XIVè siècles.  A cette époque,  on consomme depuis Mathusalem de l’anis vert et du fenouil dans le bassin méditérranéen. Et cette drôle de plante à lobes ramenée du bout du monde étrangement une saveur similaire. Pour cause, c’est la même molécule qui les habite : l’anéthol (qui est d’ailleurs à l’origine du louchissement, aka le trouble du pastis allongé à l’eau #nouveaumot).  Et c’est ainsi que cette épice à huit lobes renfermant chacun une jolie graine se retrouve affublée du nom d’anis étoilé. Aujourd’hui, la majeure partie de la badiane est toujours cultivée en Chine et en Asie du Sud Est tandis que la culture de l’anis vert a été réduite à peau de chagrin. Côté santé, la badiane et l’huile essentielle de badiane sont utilisées en médecine chinoise et phytothérapie pour leurs propriétés carminatives et digestives.

Velouté carminatif, digestif et surtout délicatement aromatique, merveilleusement nourrissant et doux comme des anges en pantalon de velours qui descendent dans le gosier, à cuisiner en écoutant la délicate Emily Jane White avec son ravissant Hole in the middle. Conseil : prends le temps d’écouter cette merveille d’album dans son intégralité, lecteur, tu ne seras pas déçu :

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Mytho meatballs round #2 / Wraps colorés aux falafels de patate douce & lentilles corail, houmous de betterave et petits légumes croquants [vegan]

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Je ne sais pas pour toi, mais cuisiner des patates douces, ça me met dans de joyeuses dispositions. Parce que c’est un peu exotique, un peu sucré, coloré et tarabiscoté. Que ça ne se livre décemment dans une assiette qu’avec un minimum de façonnage. Et comme on ne sait pas vraiment si les papa sont originaires d’Amérique du sud ou d’Asie, je te propose de les cuisiner en faisant un grand écart pacifique : Maya Girls chanté par Bangkok (on dit merci à K. & X. pour leurs playlists chaloupées).

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Wild cooking et recette inutile / Velouté de potiron pimpé aux bolets de forêt & tête de moine

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Fifty shades of autumn

Aujourd’hui, la recette n’est qu’un prétexte. Parce qu’entre nous, je ne vois pas bien pourquoi tu aurais besoin de moi pour réaliser réaliser une soupe au potiron. C’est à la portée de n’importe quel cornichon. Et quand bien même, les recettes sur Google sont légion (424 000 résultats, rien que ça).

Non, ce que je tiens à partager avec toi aujourd’hui est tout autre : la joie primaire de chasser sa nourriture dans la forêt. De retrouver ce bonheur enveloppant de sentir l’humidité des plantes remplir ses poumons. De mouiller ses chaussures dans la rosée automnale. D’écouter le bruit des sous-bois. De traquer les rais de lumières qui passent entre les feuilles. D’épier les silhouettes de champignons aux pieds des arbres. De se prendre des branches et toiles d’araignée dans la tronche ou de te tordre la cheville dans le mauvais trou caché par des feuilles mortes (revenir avec des stigmates de la forêt = très important pour retrouver son état cro-magnon). De te croire homme de néandertal, indien Apache ou Navajo. De débusquer de jolies images entre les arbres (merci à ces chères CEM et Madame Oreille pour leurs précieux conseils en photographie automnale). Et puis, bien sûr, prendre un arbre dans tes bras, lui raconter tes malheurs avant de les lui confier. De les lui abandonner. Parce que lui, l’arbre, il saura quoi en faire. Puis repartir léger, allégé, pour cuisiner les cèpes joyeusement offerts par la forêt (note : tous les cèpes sont des bolets, mais tous les bolets ne sont pas des cèpes. A méditer. Si une blague te vient à la lecture de cette improbable phrase, laisse là en commentaire. Be my guest !)

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Scrupules lactés / Lait d’amande maison, chaï tea latte et cookies moelleux à l’okara [vegan]

ALMOND MILK

Le lait végétal, une excellente alternative aux laits animaux pour la cuisine de tous les jours ?

A priori, s’envoyer de temps en temps un verre de lait d’amande ou d’avoine à la place du lait classique permet de soulager les pis de vaches, secourir les intestins fragiles et varier les apports nutritionnels. Wonderful ! Seulement, s’il y a une grande polémique paranoïaque autour du lait de vache qui amène à se demander si on ne s’empoisonne pas à chaque bouchée de camembert, on n’est pas complètement serein pour ce qui concerne les laits végétaux non plus. Le lait de soja est soupçonné d’être une cochonnerie de perturbateur endocrinien. Le lait d’amande serait une aberration écologique (de la poudre d’amande californienne mixée avec de de l’eau, mise en brique et transportée de par le monde...).  La noix de cajou explose les compteurs avec une empreinte carbone complètement folle : les fruits sont cultivés en Afrique (la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial), transitent par le Brésil pour être écossés, avant de revenir sur nos étals. #cajouvoyageuse

Bon, on peut vraisemblablement se consoler avec les laits d’avoine, de noisette et d’épeautre qui sont fabriqués avec des céréales ayant parcouru moins de 10 000 km pour rejoindre tes placards.

Une fois qu’on a dit tout ça, on se demande comment coupler veganisme et bon sens sans pour autant se retourner le cerveau en faisant ses courses. Une solution consisterait finalement à consommer tous ces laits intelligemment, avec parcimonie et en variant.  Se régaler de temps en temps de fromage au lait de vache tout en faisant travailler les laiteries et en risquant d’avoir mal au ventre pour les plus fragiles. Participer à pourrir la planète en consommant un peu d’amandes et des noix de cajou du bout du monde, mais pas trop parce que c’est ultra-riche et que ça coûte une fortune, mais un peu quand même parce que c’est plein de bons nutriments pour le corps. Faire fonctionner le commerce local en achetant du lait d’avoine européen ou de noisettes turques, en admettant qu’ils proviennent peut être de sols un peu souillés.

L’expérience écolo-vegan que je te propose aujourd’hui ? Te prendre pour La Laitière de Vermeer : fabriquer ton propre lait d’amande avec une facilité déconcertante (plus écolo et tellement plus ludique que la brique du supermarché), et utiliser les reliquats du lait (la pulpe d’amandes aka l’okara), pour concocter de délicieux cookies moelleux et vegan. Rien ne se perd.

Allez, enfile ton tablier et lance Massive Attack. Oui, tu connais sans nul doute ce morceau issu de ce cultissime album. Mais clique quand même sur play et ferme les yeux. Tu avais oublié à quel point cette mélodie amniotique était aussi douce pour les oreilles qu’un verre de lait chaud qui dévalerait délicatement dans ton gosier.

 

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